Reine des Berceaux - Chalutier

Reine-des-Berceaux001

Lancé le 12 juin 1963 par le chantier Pierre Gléhen du Guilvinec, Reine des Berceaux était un chalutier à coque bois qui pratiquait alternativement le chalut, puis le thon à la belle saison. D’une jauge brute de 48,39 tonneaux, une longueur de 17 m, une largeur de 5,72 m, un tirant d’eau de 2,61 m, il était équipé d’un moteur Poyaud de 220 ch. Reine des Berceaux appartenait à l’armement Loussouarn de Kérity-Penmarch. Il a d’abord pour patron Louis (Lili) Loussouarn, auparavant à la barre de l’Enfant des Houles, puis son frère Nicolas à partir de mai 1964. Basé à Kérity, le bateau vendait sa pêche à Douarnenez ou à Concarneau. Il opte pour Saint-Guénolé et sa criée en février 1970 et lui restera fidèle par la suite. En 1976, Nicolas Loussouarn fait construire un nouveau bateau, le San Mor Nic. Il vend Reine des Berceaux à Joseph Gilles de Nevez, en janvier 1977. Désormais rattaché à Concarneau, Reine des Berceaux continuera néanmoins à fréquenter Saint-Guénolé jusqu’en juillet 1977.

En cette mi-août 1983, pour les thoniers qui pêchent le germon, c’est la dernière marée. Le poisson est remonté très nord à la limite de la grande sole au sud de l’Irlande.  Reine des Berceaux, fait partie de la douzaine de bateaux qui depuis le mois de juin suivent le thon dans sa migration annuelle. Sorti du port le 16 août, il se trouvait depuis en pêche au large de l’Irlande jusqu’à ce vendredi 2 septembre, le mauvais temps, un sérieux coup de vent a surpris tous les bateaux en mer. Vers 17 heures ce  jour, le patron Joseph Gilles entre en communication radio avec le patron du Jean- Claude Hélène sa position est alors  50°46 Nord et 10°54 Ouest. Vers 22 heures, le bateau est à la cape et sa communication radio avec le St Quido indique qu’il est toujours à la même position. Le temps s’est détérioré le vent de secteur S.O. est monté jusqu'à 30 nœuds avec des rafales à 50 nœuds. La mer est très forte. Tous les bateaux ont donné à la station du Conquet Radio leur position sauf le Reine des Berceaux. Samedi matin, un nouveau contact avait été convenu avec le Jean-Claude Hélène. Malgré plusieurs appels, le Reine des Berceaux ne répond pas. Le temps est toujours peu maniable la visibilité est très mauvaise. Le Jean-Claude Hélène décide de donner l’alerte et aussitôt les secours s’organisent. Les Anglais dépêchent sur la zone connue de la dernière position du bateau leurs avions de reconnaissance Nemrod spécialisés dans la détection sur mer. Un Atlantic décolle de Lann-Bihoué et plusieurs bateaux de pêche croisent à proximité du lieu présumé du naufrage.

 Les recherches vont se poursuivre dimanche 4 et lundi 5 septembre, le vent est toujours très fort la dépression de 988 millibars au nord-ouest de l’Irlande se déplace rapidement vers le nord-est à 30 nœuds, la mer reste forte. Le mardi 6 septembre, pour la dernière fois, les avions effectuent de larges recherches qui resteront vaines et, dès le jeudi, ces recherches seront définitivement arrêtées. Le Reine des Berceaux est considéré comme perdu avec ses six hommes d’équipage: le patron Joseph Gilles Névez, le mécanicien Pierre Dizet  Concarneau et les matelots Charles Huchon Fouesnant, Alain Kéradennec Fouesnant, Yves le Gac Concarneau, Marc Laouénan Concarneau.  

 Le patron Joseph Gilles devait à la fin de cette dernière campagne de pêche au thon de l’année, vers la fin septembre, prendre sa retraite, il avait atteint la limite d’âge des 55 ans.

Sources :

Saint Guénolé par les champs
et par les Grèves - Camille Cadiou


Les amis du musée de la pêche
de Concarneau - Jean-Michel Robert

Archives Le Marin

photo; collection Camille Cadiou

Chalutier