Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 
 

Chaouia - Paquebot

Chaouia001

Lorsque éclate la Première Guerre Mondiale en août 1914, les autorités françaises sont persuadées que le conflit sera de courte durée. Mais très rapidement il faut se rendre à l’évidence qu’il n’en sera rien. Il faut alors augmenter le nombre de soldats sur le front de l’est de la France. La décision est prise, il faut constituer une flotte auxiliaire destinée à compléter la marine nationale pour assurer le transport des troupes venant des colonies, c’est ainsi que sont réquisitionnés les paquebots des différentes compagnies maritimes,  l’une d’entre elles conduisit en France les 100 000 hommes du 19 e Corps d’armée d’Algérie avec plus de 7 000 chevaux et 400 camions. Plus tard , lorsque Churchill réussit à entraîner la France dans l’expédition des Dardanelles, les compagnies sont encore sollicitées pour amener sur les lieux des soldats, pour soigner les blessés et les malades  dans les navires-hôpitaux et porter secours à l’armée serbe.

Ex paquebot mixte : ῍ Koningin Wilhelmina ῍ de la Nederland, il est mis en service sur la ligne Insulinde – Hollande. En 1912 il est acheté par la CNP (Compagnie de Navigation Paquet), dont le siège est à Marseille, pour le service du Maroc et devient le ῍Chaouia῍, il inaugure le service ῍rapide῍ entre Marseille-Tanger-Casablanca.

Chantier et Caractéristiques : De Schelde Maatchappij, Flessingue, Pays-Bas Mis à flot : 1896 En service : 01.1912 (MM) En service : 24.02.1915 (MN) Retiré : 30.01.1916 (MN) Retiré : 16.01.1919 (MM) Caractéristiques : 7 800 t ; 4 334 tjb ; 2 727 tjn ; 4 000 tpl ; 3 600 cv ; 120,7 (ht) 117,70 (pp) x 13,76 x 8,86 m ; Te 7,01 m (en charge) 4,10 m ( lège) ; 14,5 nds essais, 13,5 nds croisière ; 790 passagers (dont 73 en 1ères, 52 en 2èmes, 58 en 3èmes) , 3 cales ; emport 250 chevaux ; machine alternative à pilon à quadruple expansion à 4 cylindres superposés 2 à 2 ; 4 chaudières cylindriques à tubes de fumée timbrées à 14,75 kg/cm2 ; 1 hélice ; 2 mâts ; 2 cheminées.

A la fin du mois d’août 1912, il transporte les hommes du 7RCA et du 38e  RA envoyés en renfort aux généraux Lyautey et Mangin occupés à juguler la rébellion dans le sud marocain.

Puis la Première Guerre Mondiale éclate, il est de nouveau réquisitionné par la marine nationale comme transport de troupes. Il embarque de Philippeville à Lemnos le 175 RI et le 1er régiment de marche d’Afrique le 4 mars 1915. Le 1er janvier 1916 il est  dé-réquisitionné  mais il continue  malgré tout à être utilisé comme transport de troupes après l’armistice.

Le rapport du capitaine Calvies, commandant du bâtiment permet de se faire une idée des circonstances de la disparition du ῍ Chaouia῍.

Le 13 janvier 1919 le navire part de Marseille en direction du Pirée et de Constantinople avec à son bord 660 passagers dont 530 émigrants  grecs. A 23 heures, le 15 Janvier 1919, on prévient les passagers de première classe, quelques diplomates, un colonel et un journaliste du ῍Daily Telegraph῍ qui font une partie de bridge que le Stromboli est en vue et que son éruption offre un spectacle magnifique. Ayant dépassé le volcan, le bâtiment fait route vers le détroit de Messine. A minuit, il est sur l’alignement du feu de Pezzo par celui de Faro et fait route plein sud par mer calme. A minuit dix, le 16 janvier 1919, une violente explosion se produit à bâbord. Une énorme gerbe s’abat sur la passerelle. Le navire commence à s’enfoncer. Le commandant fait venir  sur tribord pour essayer d’atteindre les bancs de Rasaculmo. Mais le naufrage est très rapide, 3 à 4 minutes se passent entre l’explosion et la disparition du  ῍ Chaouia ῍. Le commandant ordonne l’évacuation du bâtiment, la mise à l’eau des embarcations de sauvetage et envoie un message de détresse par la TSF mais l’eau envahit tout, le message est interrompu et les embarcations ne peuvent être mises à l’eau, seuls les radeaux le sont. Sous la direction du second capitaine Jean-Baptiste Fabre, du lieutenant Gall et du L.V. Weoerberg, les radeaux manœuvrent pour rechercher et sauver les personnes accrochées aux diverses épaves.  Le ῍ Daghestan῍, un vapeur anglais, commandé par le capitaine John Macfarlane,  s’approche, met des embarcations à la mer et reste sur place pour récupérer les naufragés au fur et à mesure que celles-ci les ramènent. Le matelot Heuzé  a réussi à mettre à la mer une baleinière du ῍ Chaouia, ῍ sauvant ainsi une cinquantaine de naufragés. Il y aura 184 survivants, 131 passagers et 53 membres d’équipage dont le commandant Calvies qui a été hissé, à bout de force, sur un radeau par l’un de ses officiers. Vers 8 heures, le  ῍ Daghestan῍, rentre au port de Messine où le représentant de la marine française, les autorités italiennes et le consul de France ont  pris les dispositions pour évacuer les blessés et héberger les naufragés. On dénombre 476 victimes.

Le῍ Chaouia ῍ aurait été victime d’un barrage de mines déposé en travers du détroit de Messine en octobre 1918 par l’UC 53 allemand commandé par le K.L. Erich Gerth.

Sources :

forum.pages14-18 Chaouia

 

https://forum.pages14-18.com/search.

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