Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

François Ange Marie Guillou

est né le 19 avril 1902 à Île-de-Sein (Finistère (29))

Fils de Gabriel Guillou et de Marie Yvonne Canté, François Ange Marie Guillou est originaire de l’Ile de Sein. En compagnie de son frère Louis Gabriel (né le 21/12/1997) il effectue sa scolarité sur l’île et se tourne rapidement vers la mer, son horizon.

Ainsi embarque-t-il sur le “Yvonne“ du 17 juin 1919 au 18 juin 1920, comme novice. Puis sur “Le même“ du 18 juin au 13 avril 1922 comme matelot.

Appelé sous les drapeaux le 21 avril 1922, il rallie le “2é dépôt des équipages de la Flotte“ mais est réformé n°2 le 9 mai 1922.

Il reprend alors ses activités à la pêche.

C’est pourquoi, il a déjà un long passé de marin lorsqu’il entend l’appel du 18 juin du général de Gaulle.

Le 26 juin 1940, François quitte l’île de Sein à bord du “Rouanez-ar-Peoc’h“ avec d’autres Sénans, et s’engage le 16 juillet 1940 sous le matricule 1769 F.N.F.L 40 dans les “Forces Navales Françaises Libres“ en Angleterre.

Il fait ses classes à Portsmouth sur le cuirassé “Courbet“ utilisé comme bâtiment base.

On peut dans l’extrait ci-dessous de “Sans tambour ni trompette“, de Georges Desmarais vivre un moment de panique à cause de la bombe à Guillou :

“Le 3 décembre 1940 une pluie de feu dégringole du ciel. Les Schleus bombardent Portsmouth avec des bombes incendiaires, nous sommes comme presque tous les soirs à nos postes de combat et une dizaine de bombes incendiaires tombent sur le “Courbet“, particulièrement sur sa plage arrière. En un clin d’œil elles sont toutes jetées à la mer, mais une des bombes n’a pas éclatée.

Subrepticement avec des gestes de pick-pocket, la matelot Guillou, un bon Breton de l’île de Sein, a ramassé la bombe, qui n’est pas plus longue que l’avant-bras, et l’a cachée sous sa vareuse. Comme souvenir de guerre il n’y a pas mieux ! Il la placera sur la console dans le salon de la maison familiale, ainsi ses amis et ses parents verront qu’il l’a vraiment fait cette guerre et qu’il a maintes fois frisé la mort.

Dix minutes après la fin de l’alerte, notre bon Guillou dort à poings fermés dans son bois de lit, après avoir soigneusement rangé “sa“ bombe dans son casier, parmi les tricots de combat, les chaussettes et les pantalons.

Mais telle est la perfidie des Allemands que la bombe à Guillou était à retardement ! A l’aube naissante lorsqu’il fait un peu plus frais et que toute la nature se ramasse sur elle-même, comme prête à prendre son élan, un bruit étrange se fait entendre, semblable au sifflement d’un pneu qui se dégonfle. Je dis “se fait entendre“ mais personne ne l’entend ! Tout le monde a passé une bonne partie de la nuit aux canons et aux mitrailleuses et le sommeil est profond. Le bruit s’amplifie et une fumée âcre se répand dans la batterie où couchent Guillou et ses camarades. Un matelot se réveille et cherche des yeux d’où peut venir cette fumée. Il ne sait pas que tout près, son ami Guillou a caché parmi ses tricots une bombe incendiaire !

Au bout de quelques secondes toute la chambrée se réveille et Guillou avec. En l’espace d’un éclair il a compris et se précipite sur son casier. Il l’ouvre, enveloppé de fumée et entouré de cris et voit sa bombe qui a déjà commencé à ronger l’acier de son casier.

En toute hâte, elle est jetée à la mer. Les cris des matelots ont alerté une bonne partie de l’équipage, et bientôt tout le cuirassé est réveillé, on entend parler de sabotage, d’espion, de cinquième colonne et le bon Guillou est affolé !

Le Capitaine d’Armes le conduit, séance tenante, à l’officier en second et Guillou s’explique enfin.

Guillou cinquième colonne ! Guillou saboteur ! Lui un bon Breton de l’Ile de Sein ! Il reconnaît sa faute et se remet entièrement entre les mains de Mars et de Thémis.

Il est condamné à un mois de prison sans sursis. Ce n’est pas cher, quand on pense que sous la batterie où couchait Guillou et où avait brûlé sa bombe incendiaire se trouvait la soute à munitions du “Courbet“…. 

 

Du mois d’août1940 à fin 1941, il embarque pour un court séjour sur le patrouilleur auxiliaire “Vaillant“ puis, pendant dix mois, sur l’aviso dragueur “La Moqueuse“ basé, avec une flottille de sous-marins, dans le “Holy-Loch“, sur la côte ouest d’Ecosse.

Mais souffrant de problèmes pulmonaires, il est versé dans le corps sédentaire des “F.N.F.L“.

Il est affecté pendant quelques mois sur l’aviso “Arras“, devenu sous le baptême “U 02“ bâtiment base à quai, puis à la caserne “Bir Hakeim“ de Portsmouth.

Le quartier-maître de 2è classe manœuvrier Guillou est transféré, en mars 1943, vers les sanatoriums de Highfield et de Beaconfield (Royaume-Uni) où il décède deux mois plus tard, le 06 juin 1943 à 41 ans.

Son nom figure à l’Ile de Sein : sur le monument aux morts, la plaque commémorative 1939-1945, les plaques commémoratives de l’église de Saint-Guénolé et le monument commémoratif des FFL.

François comptabilise 2 ans et 11 mois de service effectif au sein des “F.N.F.L“.

Il était Quartier-maître manoeuvrier.
Son unité : Forces françaises libres
Il est décédé le 06 mai 1943.
Son corps repose au cimetière de Beaconsfield (Angleterre)
Son décès est inscrit à la commune de Île-de-Sein (29)
Document portant la mention MPLF : Acte de décès

“Sans tambour ni trompette“ de Georges Desmarais

ESS d’inscrit maritime et de FNFL

Forces françaises libres

FNFL-Mimosa-France-Libre

Les Français libres

En juin 1940, la France est défaite, les forces allemandes entrent dans Paris, déclaré ville ouverte. Des millions de réfugiés errent sur les routes bombardées par les stukas allemands. Le maréchal Pétain, nouveau chef de gouvernement, réfugié à Bordeaux, demande, le 17 juin, aux Français de cesser le combat. En quelques heures, les...

Forces françaises libres
8077
Guillou
Île-de-Sein
Finistère (29)
19 avril 1902
Aucune
NULL
Il a été décoré : Aucune médaille
1946/34
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